Ordinateur quantique : qui a proposé cette technologie révolutionnaire ?

Aucune loi fondamentale de la physique n’interdit la coexistence de plusieurs états simultanément dans un même système. Ce principe, longtemps resté théorique, a bouleversé les méthodes de calcul dès la fin du XXe siècle.

L’ordinateur quantique : une révolution née de la physique

À l’heure où la physique quantique émerge, l’étonnement s’impose. Les principes de superposition et d’intrication quantique remettent en question tout ce que l’on croyait savoir de l’information. Avec le bit classique, la règle est simple : 0 ou 1. Le qubit, lui, ignore ce choix binaire et existe dans plusieurs états quantiques en même temps. L’amplitude de calcul qui en découle laisse pantois les ingénieurs.

Évoquer l’informatique quantique appelle naturellement Richard Feynman. En 1981, il avance une idée claire : pour simuler la physique quantique, il faut des machines fondées sur ses lois. Ce coup d’éclat propulse la recherche et inspire la génération suivante à concevoir des modèles d’ordinateur quantique conçus pour résoudre des défis impossibles à traiter avec les ordinateurs traditionnels.

L’intrication, aspect pressenti dès les années 1930 par Einstein, Podolsky et Rosen, devient la clé de voûte des technologies quantiques. Elle permet aux qubits de rester liés, même à distance, ouvrant la perspective de calculs parallèles et de transmissions d’informations inédites. L’informatique quantique se tourne alors vers de nouveaux horizons : modélisation, simulation, cryptographie, et exploite la matière jusque dans ses dimensions les plus fines.

Notion Description
Qubit Unité d’information quantique capable d’exister dans plusieurs états en même temps.
Superposition Propriété permettant à un système quantique d’occuper plusieurs positions simultanément.
Intrication quantique Lien entre particules qui rend leur état interdépendant, même à distance.

Qui sont les pionniers derrière cette technologie fascinante ?

Richard Feynman amorce le virage vers l’ordinateur quantique dès 1981. Il propose d’utiliser la physique quantique elle-même pour effectuer des calculs : une rupture par rapport aux usages classiques. Paul Benioff et David Deutsch vont plus loin et démontrent qu’un calculateur quantique universel est réalisable, du moins sur le papier.

Progressivement, la théorie migre vers des applications. De grandes entreprises comme IBM et Google s’engagent à concevoir des prototypes de machines quantiques. En 2019, Google déclare franchir la fameuse « suprématie quantique » en réalisant un calcul inatteignable pour un ordinateur classique. IBM, de son côté, mise sur l’accès universel à l’informatique quantique et démocratise l’expérimentation grâce au cloud.

Ce mouvement s’amplifie avec l’arrivée de poids lourds du secteur technologique. Microsoft et Amazon, notamment, multiplient les plates-formes et outils à destination des chercheurs, tandis que la France affiche de grandes ambitions par le biais du programme France 2030, mariant recherche avancée et innovations industrielles.

Pour mieux cerner les acteurs de ce renouveau, il convient de distinguer ceux qui font avancer le quantique sur tous les fronts :

  • Richard Feynman : pionnier conceptuel
  • IBM et Google : chefs de file industriels
  • Microsoft, Amazon : créateurs d’écosystèmes
  • France : stratégie nationale ambitieuse

À côté des géants planétaires, certains nouveaux venus retiennent l’attention, à l’image de Quantum Motion, spécialisée dans la correction d’erreurs quantiques et la fiabilisation des premiers circuits. Les obstacles restent nombreux pour concevoir un ordinateur quantique universel, mais le dynamisme des laboratoires et industriels ne faiblit pas. Ensemble, ils bâtissent les fondations du calcul à venir.

Des avancées récentes qui changent la donne

Les cinq dernières années ont vu un bond spectaculaire dans le domaine. Des acteurs venus de l’automobile ou du numérique, tels que BMW, Mercedes-Benz ou Nvidia, se saisissent de la simulation quantique pour transformer batteries, matériaux ou chaînes logistiques. Si la puissance actuelle reste moderate, le potentiel surpasse largement les machines conventionnelles.

Les QPU (processeurs quantiques) se multiplient, chacun développé sur des technologies parfois très différentes. IonQ explore les ions piégés, exploités à l’aide de lasers. D’autres misent sur des architectures en silicium ou sur les circuits supraconducteurs, là où la cohérence quantique tient la vedette. Du côté logiciel, Qiskit (imaginé par IBM) et Cirq (proposé par Google) ouvrent la discipline à toute une génération d’ingénieurs.

Mais un mur se dresse : la correction d’erreurs quantiques. Des sociétés comme Quantum Motion font de cette fiabilité leur cheval de bataille, condition sine qua non pour garantir des machines robustes et stables. Le Royaume-Uni, sous la bannière du NQCC (National Quantum Computing Centre), mise sur la mise en commun des moyens pour accélérer la R&D.

Voici un aperçu des tendances récentes et des chantiers majeurs dans l’univers quantique :

  • Simulation quantique : accélération de la recherche industrielle
  • QPU et Qiskit : démocratisation des outils et langages spécialisés
  • Correction d’erreurs : priorité pour rendre l’informatique quantique exploitable

Jeune femme physicienne assemble un ordinateur quantique

À quoi ressemblera notre quotidien avec l’informatique quantique ?

Fini l’idée d’un ordinateur quantique voisin de votre clavier : demain, ces machines d’un nouveau genre s’intégreront dans nos infrastructures, opérant sans jamais s’afficher en façade. Leur force ? Gérer des volumes de données inédits et accélérer la conception de matériaux ou de médicaments. La simulation quantique s’imposera comme un moteur central pour la recherche, fluidifiant tout le cycle d’innovation.

Dans la santé, ces calculateurs décortiqueront les structures protéiques, déchiffreront plus vite le comportement des molécules, aideront à ajuster les traitements. Le secteur bancaire s’en saisira pour adopter la cryptographie post-quantique et faire tourner des modèles prédictifs sur de très longues périodes, une prouesse que les modèles actuels peinent à offrir.

Le domaine de l’énergie y gagnera aussi : les réseaux pourront être simulés, leurs failles anticipées, la distribution optimisée. Les transports bénéficieront d’outils puissants pour rationaliser les itinéraires, orchestrer le trafic, prévoir la maintenance jusqu’à l’échelle de la pièce.

Voici quelques terrains où l’informatique quantique va transformer radicalement les pratiques :

  • Recherche médicale : conception de nouvelles molécules et modélisations complexes
  • Finance : renforcement de la sécurité, prévisions sur le long terme
  • Énergie & transport : gestion, optimisation, anticipation

Le silicium, déjà omniprésent dans l’industrie, s’annonce comme le support idéal pour la diffusion de la technologie. Qu’ils s’appellent John Morton ou Michael Cuthbert, tous s’accordent : l’intégration des systèmes quantiques réinvente peu à peu la réalité industrielle. L’heure n’est plus à la simple projection : l’informatique quantique s’impose, trait d’union entre recherche la plus fondamentale et enjeux concrets. La vraie rupture ne fait que s’esquisser.

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